
Histoire de Notre-Dame de Dijon
Le Jacquemart
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| Le Jacquemart de l'église Notre-Dame de Dijon comporte quatre automates métalliques qui, mûs par une horloge, sonnent les heures, les demi-heures et les quarts d'heures sur trois cloches. C'est en 1382 que le duc de Bourgogne Philippe le Hardi prit à Courtrai cette horloge quipassait pour une merveille, et qui ne comportait qu'un automate. Le duc l'offrit à Dijon, sa capitale ; elle fut installée en 1383 sur l'amorce de la tour sud de la façade occidentale de Notre-Dame. L'automate ne fut appelé Jacquemart, pour la première fois, qu'en 1458. En 1651, un second automate lui fut adjoint pour sonner alternativement les heures : les Dijonnais l'appelèrent Jacqueline. En 1714 ou peu après fut ajouté un "fils", nommé Jacquelinet. En 1884, ce fut une "fille", Jacquelinette. Ces deux "enfants"automates sonnent de quart d'heure en quart d'heure sur deux petites cloches. "Jacquemart"
est le nom du plus ancien automate (et non de la cloche). "Le Jacquemart" désigne aussi l'ensemble de l'horloge de Notre-Dame de Dijon, c'est-à-dire
les quatre automates, les trois cloches, le mécanisme et le cadran.
Bibliographie : Gabriel Peignot, L'illustre Jaquemart de Dijon, Nouvelle édition, Marseille, Laffite reprints, 1976 [1ère édition : 1832], 91 p. BOUDOT, Notice sur l'horloge de l'église Notre-Dame de Dijon, Sur le temps qu'elle a été connue sous le nom de Jacquemar, sur les autres horloges de la ville, la Guête et le Couvrefeu, tirée de titres authentiques et inédits, Dijon, Veuve Brugnot, Paris, 1835, 56 p. Jules THOMAS, Épigraphie de l'église Notre-Dame de Dijon, Dijon Paris, E. Nourry, 1904, p. 73-77.
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| Historique détaillé |
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et 1383 | En
1382, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi battit en Flandre les Gantois révoltés.
Il mit à sac la ville de Courtrai où se trouvait, sur la tour des
halles, une horloge qui passait pour une merveille. Elle comportait une figure
humaine frappant les heures sur une cloche. Le duc la fit démonter et l'offrit
à Dijon, capitale de ses Etats. Il fut décidé de placer l'horloge sur l'amorce de la tour sud de la façade occidentale de Notre-Dame. La famille ducale et les Dijonnais se cotisèrent pour payer les travaux. Commencés après Pâques 1383, ils s'achevèrent à la mi-août 1383. Lors du voyage par char à boeuf, la cloche s'était cassée : aussi fallut-il la refondre. On en profita pour l'augmenter, avec les débris d'une autre cloche. D'un diamètre de 1,84 mètres, d'une hauteur de 1,29 mètres, elle pesait environ 3,8 tonnes. On la baptisa Marguerite, du prénom de sa marraine, la duchesse Marguerite de Flandre, épouse de Philippe le Hardi. Le fondeur l'orna de plusieurs décors, dont les armoiries de Bourgogne, ainsi que d'une inscription commençant par cette phrase : "Je suis li cloiche qui point ne dor". Cette cloche de 1383 est toujours en place. Peut-être au même moment, une petite cloche fut fondue pour la sonnerie des quarts et des demi-heures. Elle mesure environ 0,45 mètres de diamètre et 0,30 mètres de haut. Une dindelle similaire fut ajoutée à une époque inconnue, avant 1714. |
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| L'automate était appelé à l'origine "lome qui fiert du martel la cloiche de lorreloige". Ce n'est qu'en 1458 qu'apparut pour la première fois son nom de Jaquemart, orthographié alors sans c, dans les comptes d'un receveur général de Dijon. A ce jour, aucune recherche n'a pu expliquer de manière sûre l'étymologie du mot Jacquemart. | ||
Pour soulager la cloche frappée toujours du même côté, un serrurier installa en 1651 à côté de Jacquemart un deuxième automate, qui frappa désormais les heures alternativement avec lui. Les Dijonnais appelèrent "Jacqueline" la compagne de Jacquemart. |
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| En 1714, le Dijonnais Aimé Piron, père d'Alexis Piron, remarqua que le serrurier Sonnois venait de remettre à neuf Jacquemart et Jacqueline ; il demanda à la mairie de donner des enfants aux époux. Sa demande fut entendue, et Jean Sonnois ajouta un troisième automate plus petit, "Jacquelinet", pour sonner de quart d'heure en quart d'heure. | ||
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Sous la Révolution, les trois automates furent peints aux couleurs nationales. |
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| En 1884 (et non en 1881 ou 1885), lors d'une réparation du mécanisme, un deuxième enfant fut ajouté par la maison d'horlogerie parisienne Collin, pour sonner les quarts d'heure alternativement avec Jacquelinet. Ce personnage, ayant les traits d'une petite fille, fut appelé "Jacquelinette". | ||
En 1934, une horloge électrique fut installée. | ||
En 1937, les automates furent déposés et entièrement restaurés. | ||
| La ville de Courtrai inaugura, en septembre 1961, sur l'ancienne tour des halles, deux nouveaux automates, Manten et Kalle, qu'elle avait fait confectionner par un artiste flamand. Le chanoine Félix Kir, maire de Dijon, avait été invité à la cérémonie. | ||