
Histoire de Notre-Dame de Dijon
La statue de Notre-Dame de Bon-Espoir
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| L'absidiole sud de l'église Notre-Dame de Dijon abrite Notre-Dame de Bon-Espoir, une des statues de la Vierge les plus anciennes de France. Sculptée en bois au XIe siècle ou au XIIe siècle, elle représentait à l'origine Marie assise sur un siège, couronnée. Elle tenait sur ses genoux l'enfant Jésus également couronné, qui a disparu à la Révolution. La Vierge portait une chainse ou tunique peinte en blanc, un bliaud ou robe longue vert foncé et un voile blanc couvrant la tête et retombant sur les épaules. Son visage était peint d'une couleur bistre clair à peine plus sombre que le teint naturel. La statue n'était donc pas noire à l'origine. Elle n'a reçu cette teinte que tardivement, au XVIe siècle ou au XVIIe siècle, pour une raison inconnue. En 1945, une restauration de la statue permit de supprimer cette peinture noire et de retrouver la polychromie d'origine. Le visage de la Vierge fut cependant recouvert à nouveau d'une teinte noire, définitivement effacée en 1963. Depuis lors, cette statue n'est plus Vierge noire et n'est connue que sous le nom de Notre-Dame de Bon-Espoir (et non sous le nom de Notre-Dame du Bon-Espoir, ou de Notre-Dame-de-Bon-Espoir, qui sont inexacts). Au XVe siècle, les Dijonnais l'appelaient Notre-Dame de l'Apport, c'est-à-dire du marché. Le nom de Notre-Dame de l'Espoir existait également. Il prévalut à partir de la délivrance de Dijon en 1513, et devint au XVIIe siècle " Notre-Dame de Bon-Espoir ". Plusieurs miracles sont attribués à la Vierge : la délivrance de Dijon le 13 septembre 1513 et le 11 septembre 1944 ; la protection de la ville en 1870... Le sculpteur a représenté la Vierge habillée, comme en témoigne la photographie ci-contre. Cependant, un ancien usage consiste à revêtir la statue de robes brodées, et à la coiffer d'une couronne d'orfèvrerie. |
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| Bibliographie : | ||
| Jules THOMAS, La délivrance de Dijon en 1513 d'après les documents contemporains, Dijon, 1898, p. 155-183. | ||
| Pierre QUARRÉ, " La statue de Notre-Dame de Bon-Espoir et son ancienne polychromie ", Mémoires de la Commission des Antiquités du département de la Côte-d'Or, t. 23, 1947-1953, p. 190-197. | ||
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Historique détaillé |
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| Si la statue existait déjà, elle ornait la chapelle romane Notre-Dame du Marché. |
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La statue est transférée dans la nouvelle église gothique Notre-Dame, dans une chapelle fermée du bras sud du transept. |
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| Le 30 janvier 1459, le duc de Bourgogne Philippe le Bon fonda un Salve Regina qui devait être chanté chaque jour par le clergé devant la statue de la Vierge, dans sa chapelle. | ||
| A la fin du XVe siècle, le grand sénéchal de Bourgogne Philippe Pot, ancien serviteur de Philippe le Bon, et député aux Etats généraux en 1484, offrit à la Vierge un tableau en remerciement de sa protection. L'oeuvre, placée dans la chapelle de Notre-Dame de l'Espoir, représentait le donateur agenouillé devant la Vierge. | ||
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En septembre 1513, les troupes suisses vinrent mettre le siège devant Dijon et bombardèrent la ville. A l'initiative des prêtres de Notre-Dame, la statue de Notre-Dame de l'Espoir fut portée en procession dans les rues entourant l'église. Peu après, les Suisses acceptèrent de discuter, et levèrent finalement le siège le 13 septembre. Les Dijonnais y virent un miracle de la Vierge. Des cérémonies d'action de grâce furent célébrées dans toutes les paroisses et particulièrement à Notre-Dame. Les Dijonnais considérèrent la statue de Notre-Dame de l'Espoir comme miraculeuse. |
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Le 6 septembre 1514, des représentants de tous les Dijonnais,
rassemblés à l'hôtel de ville, s'engagèrent à
commémorer l'anniversaire de la délivrance de 1513 par une procession
annuelle. Elle se ferait au nom de la ville et serait conduite par les ecclésiastiques
de Dijon. Tous les habitants seraient invités à
y participer, munis d'un luminaire. | ||
Pour conserver la mémoire du siège de 1513 et de l'intervention miraculeuse de la Vierge, une tapisserie fut commandée à un atelier de Tournai ou de Bruges. Elle aurait été payée par un bourgeois de Dijon, Philibert Godran, qui avait été emmené comme otage par les Suisses. Cette oeuvre, qui fut placée dans l'église Notre-Dame, représentait les grandes étapes du siège, de gauche à droite. Les Suisses, installés devant Dijon, bombardaient la ville et faisaient une brèche aux murailles. Au centre, les prêtres et les Dijonnais portaient en procession la statue. La Vierge intervenait alors, apparaissant dans les nuées. A droite, les Suisses levaient le siège et s'éloignaient des murailles de Dijon. Vendue après la Révolution, cette tapisserie entra dans les collections du musée des Beaux-Arts de Dijon. D'ordinaire exposée dans la salle des gardes, elle est actuellement en restauration. |
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Au XVIe ou au XVIIe siècle, la statue fut peinte en noir, pour une raison inconnue. A son nom de Notre-Dame de Bon-Espoir s'ajouta alors celui de "Vierge noire". |
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| Jugée vétuste, la chapelle intérieure qui abritait la statue fut démolie. La Vierge noire prit alors place au-dessus d'un autel du bras sud du transept. | ||
| En février 1794, sous la Terreur, des révolutionnaires envahirent l'église et renversèrent la statue de la Vierge. L'enfant Jésus disparut alors. Un Dijonnais s'appropria la Vierge noire. Peu après, une sacristine de l'église, Marthe Lamy, lui racheta la statue et la mit à l'abri chez elle. | ||
| En
septembre 1803, Pierre-Bernard Ranfer de Bretenières, maire de Dijon, vint
en procession chez Marthe Lamy chercher la statue de Notre-Dame de Bon-Espoir
pour la replacer dans l'église, au-dessus de son autel. Sur ses deniers personnels, il racheta la tapisserie du siège à un brocanteur et la déposa à la mairie. |
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| Le 26 juin 1866, au début des travaux de restauration de l'église, la Vierge noire est transportée à la Maison des Filles de la Charité, rue de la Préfecture. | ||
| En septembre 1870, alors que la guerre contre la Prusse prend une tournure désastreuse pour la France, les Dijonnais redoutent l'invasion ou le bombardement de leur ville. Le 30 septembre, les catholiques font circuler une prière demandant à la Vierge de protéger Dijon. En reconnaissance, ils élèveront à Notre-Dame de Bon-Espoir un nouvel autel. Dijon ayant peu souffert de la guerre, le voeu est accompli. | ||
| Après ses travaux intérieurs, l'église Notre-Dame est rouverte au culte le 11 novembre 1873. Le lendemain, la statue de la Vierge noire est ramenée processionnellement dans l'église. | ||
| Le 26 mars 1876, la statue est placée dans l'absidiole sud, chapelle de Notre-Dame de Bon-Espoir, où elle se trouve toujours. | ||
| A partir du 17 juin 1940, Dijon est occupé par les troupes allemandes. Au début du mois de septembre 1944, alors que les Alliés et les Français libres ont débarqué en Normandie et en Provence, des Allemands se concentrent à Dijon et semblent vouloir résister. Le 10 septembre, dans l'église Notre-Dame, l'évêque de Dijon demande solennellement à la Vierge de protéger la ville des ravages redoutés. Au matin du 11 septembre, date anniversaire de la procession de 1513, les troupes allemandes évacuent Dijon et les forces françaises y entrent sans livrer combat. Les Dijonnais attribuent cette nouvelle libération à l'intercession de Notre-Dame de Bon-Espoir. | ||
| En 1945, la statue de la Vierge est restaurée ; la peinture noire qui la recouvrait est enlevée, révélant la polychromie d'origine et le visage de couleur bistre clair. Cependant, une teinte noire est à nouveau posée sur le visage, afin de ne pas rompre avec la tradition. | ||
| Une nouvelle tapisserie, oeuvre du moine Dom Robert, né Guy de Chaunac-Lanzac, est inaugurée dans l'église. Elle représente la Vierge protégeant Dijon et ses habitants, lors du siège de 1513 et de la guerre de 1944. | ||
| Afin que l'on puisse voir complètement cette très ancienne sculpture romane, il est décidé de ne plus recouvrir constamment Notre-Dame de Bon-Espoir de ses parures. | ||
| En 1963, la peinture noire de 1945 est enlevée du visage de la statue, qui n'est plus connue depuis lors que sous le nom de Notre-Dame de Bon-Espoir. | ||
| Exposée dans sa chapelle, la statue de Notre-Dame de Bon-Espoir suscite toujours la prière des fidèles et l'intérêt des touristes. | ||